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L’Atlantique

« La seule chose qui m’effraya vraiment pendant la guerre fut le péril sous-marin. Nous ne pouvions jamais oublier, même pendant une seule minute, que tout ce qui se passait ailleurs, à terre, en mer et dans les airs, dépendait en fait du dénouement de cette situation et, outre nos autres préoccupations, nous suivions jour après jour tous les changements avec espoir et appréhension. » (traduction libre)

Winston Churchill

L’Atlantique, qui fut le théâtre de nombreuses batailles décisives au cours des siècles passés, devient l’objectif central des alliances ennemies au cours du XXe siècle.

En avril 1917, l’Amirauté britannique admet qu’« à moins que l’on puisse mettre fin à l’abominable destruction des navires marchands en cours actuellement, la capitulation inconditionnelle de l’Empire britannique sera inévitable d’ici quelques mois. » L’arrivée des convois et l’emploi de nouvelles tactiques, par exemple, le recours à la puissance aérienne pour lutter contre les sous-marins, permirent de venir à bout de cette crise. Quand les pertes de navires retombèrent sous le point critique et après l’entrée en guerre des États-Unis, venus prêter main-forte aux Alliés, on parvint à mettre un frein à l’assaut d’une Allemagne gravement affaiblie en 1918.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, étant donné que les Alliés avaient été chassés hors du continent européen, et bien qu’une campagne de bombardement massive ait remplacé partiellement une victoire décisive, l’historien américain Gerhard Weinberg observe que : « pour parvenir à écraser les Allemands, les Alliés se devaient d’ouvrir un nouveau front sur le continent, d’y positionner d’importantes forces et de les approvisionner, pour ensuite avancer vers l’Allemagne. Tout dépendait du contrôle des océans. » Les Alliés ont réalisé un immense exploit stratégique en déplaçant quelque 43 000 navires en convoi, totalisant plus de 235 millions de tonnes de port en lourd, d’un côté à l’autre de l’Atlantique, malgré les efforts incessants que déployait l’ennemi pour détruire un plus grand nombre de navires qu’il n’était possible de remplacer. Cela n’aurait pas été possible sans les brillants services de renseignement opérationnel, la prévision et la mise en échec d’inventions technologiques allemandes telles que les mines magnétiques, les sous-marins de type IX dotés de schnorkels et les torpilles à tête chercheuse. Les Alliés parvinrent à contrer chacune des nouvelles technologies allemandes et appliquèrent de façon nouvelle et améliorée la puissance aérienne sur le théâtre de guerre maritime. De plus, les marins alliés des marines alliées et, plus particulièrement, ceux de la marine marchande, dont les pertes étaient impitoyablement élevées, firent preuve d’endurance et de courage. C’est ainsi que l’Alliance vint à bout des attaques lancées par l’ennemi contre ses navires.

En outre, ce qu’on en est venu à appeler le RAF Ferry Command a assuré le transport de 10 000 aéronefs sur les océans du monde entier. La valeur de cet exploit, écrit l’historien Carl Christie, « …dépend tout autant de la transformation de la route de l’Atlantique, empruntée pour la première fois avant la guerre, en une voie aérienne assurant le déplacement en masse des bombardiers ainsi que des avions de reconnaissance et de transport, que de l’élaboration du concept des vols d’approvisionnement aérien stratégique long-courrier que les Alliés ont su utiliser avec tant d’efficacité sur tous les théâtres de guerre. »

Pendant la guerre froide, en raison des importants progrès technologiques réalisés, les hostilités n’ont heureusement jamais été déclenchées dans l’Atlantique. Les puissances de l’Ouest et de l’Est n’ont toutefois jamais cessé d’accorder à cet océan la même importance stratégique dont il jouissait depuis le début du siècle.

Texte : W. Alexander Douglas


Secteurs de l’Atlantique appuyant l’effort de guerre

En savoir plus:

L’Est canadien

Les bases navales et aériennes des provinces de l’Atlantique, du Québec et de Terre-Neuve ont joué un rôle important dans les opérations de guerre maritime menées pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale, ainsi que pendant la guerre froide. Durant la Première Guerre mondiale, quand on a constaté que les sous-marins allemands présentaient une menace, la Marine royale du Canada a effectué des patrouilles anti-sous-marines dans le golfe du Saint-Laurent et dans les eaux de l’Est de l’Atlantique avec la modeste flotte à sa disposition et, en 1918, le Service aéronaval de la Marine royale du Canada est mis sur pied et opère à partir de Dartmouth (N.-É.). Il est démantelé peu après. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les bases de Halifax (N.-É.) ainsi que de St. John’s et Argentia (Terre-Neuve) deviennent les principales bases navales de l’Est canadien et sont appuyées par des bases secondaires du Nouveau-Brunswick et de l’île du Cap-Breton. Décollant de bases du Québec, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve, les avions de l’ARC, la USAAF, et la USN effectuent de nombreuses patrouilles anti-sous-marines. En 1943, Halifax devient le quartier général du nouveau théâtre de l’Atlantique du Nord-Ouest. Les convois côtiers et océaniques partent de Québec, de Sydney (N.-É.), de Halifax (N.-É.), de Saint John (N.-B.) et de St. John’s (T.-N.). À l’époque de la guerre froide, pendant la crise des missiles cubains, en 1962, les opérations anti-sous-marines aériennes et maritimes menées en collaboration avec la US Navy sont lancées à partir de Halifax, Dartmouth (N.-É.), de Charlottetown (Î.-P.-E.) et de Gander (Terre-Neuve).

L’Europe

Le port de Liverpool :

« On pourrait dire que le port de Liverpool a été la plaque tournante de l’effort de guerre des Alliés en Europe. »

Liverpool Daily Post, 1er septembre 1944

Liverpool est le plus important port de la Grande-Bretagne pendant la guerre. En effet, au moins le tiers des importations du pays empruntent cette voie d’accès. Le port de Liverpool est le terminus central des convois commerciaux de l’Atlantique. Au début de 1941, le port est devenu une importante base navale et le quartier général de la campagne de l’Atlantique Nord de la Grande-Bretagne.

En moyenne, quatre convois par semaine arrivent par la Mersey pendant la guerre. Entre 1939 et 1945, les débardeurs du port de Liverpool manutentionnent plus de 75 millions de tonnes de marchandises. Près de 74 000 avions et planeurs arrivent par ce port. Plus de 4,7 millions de soldats y font escale, dont 1,2 million d’Américains.

Le Port de Londonberry

Le Port de Londonderry a joué un rôle crucial dans le cadre des opérations des Alliés pendant la plus longue campagne de la Seconde Guerre mondiale, soit la bataille de l’Atlantique.

De 1942 jusqu’à la fin de la guerre, le port de Londonderry s’est avéré pour la MRC une base tout aussi importante que St. John’s, à Terre-Neuve. En effet, comme on peut le lire dans l’histoire officielle de la Marine royale du Canada, « les marins canadiens en poste à Derry avaient l’impression d’y avoir été abandonnés, mais à partir de la fin de 1943 jusqu’à la fin de la guerre, le personnel de la Marine canadienne était le plus important groupe de marins en affectation dans ce port. Cinq groupes d’escorte, englobant 6 500 hommes, utilisaient cette base. Il pouvait y avoir à terre, dans le village, jusqu’à 3 000 Canadiens en même temps. En 1944, le Commodore Simpson comptait 75 Canadiens dans ses effectifs, mais ceux-ci constituaient une minorité. Londonderry demeurait une base britannique sous commandement britannique. Du point de vue des marins, ça ne semblait pas avoir beaucoup d’importance. »

Dans ses mémoires intitulées en anglais « War at Sea: A Canadian Seaman On the North Atlantic  », Frank Curry écrit :

«… en voyant le Lough Foyle, une multitude de jardins foisonnant de fleurs et d’une verdure luxuriante […], on aurait cru rêver. Adieu la neige et la glace de Terre-Neuve, les coups de vent hivernaux, les hautes mers grises. Nous étions entourés de part et d’autre par la beauté sublime de l’Irlande verdoyante. C’était comme si les fées elles-mêmes nous avaient poussés vers une terre magique presque irréelle… Ce paysage nous a beaucoup ragaillardis, bien que nous sachions que nous n’en profiterions que pendant 48 heures. Pendant ce cours laps de temps, nous allions redevenir humains, goûter à nouveau à la paix, la beauté et la tranquillité, loin des horreurs de la guerre. » (traduction libre)

 

L’Islande

L’Islande a contribué de façon décisive à faire échouer les attaques lancées par l’ennemi contre les navires pendant la Seconde Guerre mondiale et, durant la guerre froide, elle s’est avérée un intervenant clé dans le cadre des opérations et des exercices de l’OTAN dans l’Atlantique Nord. Le Canada a joué un rôle indispensable lors de ces opérations.

Il y a deux principaux lieux d’intérêt en Islande : Reykjavik et Hvalfjord. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Reykjavik était un port d’escale indispensable aux bâtiments chargés de déjouer les attaques ennemies contre les navires commerciaux, en particulier de juin à décembre 1941, avant que Londonderry ne devienne leur terminus dans l’Atlantique Est, et aux navires canadiens escortant des convois de l’Arctique. Le port de Reykjavik constituait également la principale base aérienne des escadrons de lutte anti-sous-marine qui assuraient l’appui aérien des convois de l’Atlantique Nord et de l’Arctique. Le 162e Escadron de bombardement et de reconnaissance de l’ARC, doté d’appareils amphibies Canso, s’est avéré l’un des plus efficaces, menant ses opérations à partir de Reykjavik en 1944-1945 et à partir du Nord de l’Écosse au cours de l’été de 1944. Le Capitaine d’aviation David Hornell a mérité la Croix de Victoria alors que son escadron était en mission dans ce théâtre. Hvalfjord, un port aux proportions des plus impressionnantes, s’est révélé un important mouillage pour la flotte. C’est là que les Alliés rassemblaient leurs forces, soit les convois de l’Atlantique Nord et les navires partant à destination des passages de Mourmansk et d’Archangel. Pendant la guerre froide, Hvalfjord avait à peu près la même fonction, et Keflavik, qui est maintenant le principal aéroport international de l’Islande, servait de base aux opérations aériennes critiques menées dans les eaux septentrionales.

L’aéroport de Keflavik, construit pendant la guerre, bien qu’il se trouve plus loin de la capitale, convenait mieux aux opérations dans certains cas. La principale raison, c’est que ses pistes n’étaient pas aussi limitées que celles de Reykjavik. Après la guerre, les Américains et l’OTAN ont continué d’utiliser l’aérodrome. Les Américains ne l’ont quitté que tout récemment et on y trouve encore certaines structures militaires de la guerre froide.

 

 

 

 

 

 

 

Autre site intéressant pour les Canadiens, le monument à la mémoire du NCSM Skeena sur l’île Videy, dans le port de Reykjavik. Une forte bourrasque frappant l’Atlantique Nord a poussé le navire, qui s’est échoué dans le port, en novembre 1944. Quinze hommes d’équipage ont trouvé la mort (ils reposent au cimetière de guerre du Commonwealth, à Reykjavik) et c’est grâce aux efforts héroïques déployés par plusieurs Islandais que le reste de l’équipage a pu gagner la rive en toute sécurité.

Mamouransk et Archangel

La participation du Canada à ce qu’on appelle le passage de Mourmansk a débuté en novembre 1943. La Royal Navy envoyait des approvisionnements à l’URSS par voie maritime depuis août 1941. Au début, les navires partaient de Reykjavik et de Hvalfjord, et plus tard, de Loch Ewe, dans le Nord de l’Irlande. Au printemps et en été, les convois contournaient l’Islande, mais en hiver, en raison des longues nuits noires et du déplacement de la banquise vers le sud, les convois étaient forcés d’emprunter des itinéraires plus courts et plus périlleux environ deux cents milles marins plus près des bases allemandes en Norvège. Le cycle des convois vers la Russie, qui employait une grande partie de la Home Fleet, a dû être interrompu pendant l’invasion de l’Afrique du Nord à l’automne de 1942 et quand les navires ont dû être déroutés vers la Méditerranée et la Force d’escorte de haute mer au printemps et à l’été de 1943. On a dû faire appel à quatre destroyers canadiens de la classe Tribal, ainsi qu’à cinq destroyers de la US Navy pour renforcer l’effectif de la Force d’escorte de novembre 1943 à janvier 1944. De mars à mai 1944, les destroyers de la classe « V », les NCSM Sioux et Algonguin, ont remplacé les navires de classe Tribal, jusqu’au moment de leur déploiement dans la Manche pour l’invasion de la Normandie. Ils sont revenus au passage de Mourmansk en janvier 1945. Les navires de la classe Tribal de la MRC, deux porte-avions d’escorte dotés d’équipages canadiens et deux groupes d’escorte de frégates canadiens, ainsi qu’un escadron canadien du Commandement de l’aviation côtière ont également participé aux opérations de la Home Fleet dans l’Arctique et au large de la Norvège en 1944-1945, particulièrement pour contrer les opérations menées par les Allemands contre les convois de l’Arctique.