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Origines de la Fondation

La Fondation canadienne des champs de bataille :
Qui sommes-nous ?

Les Canadiens savent-ils ce qu’ont fait leurs aïeuls au nom de la liberté et de la paix au cours des deux guerres du XXe siècle? Savent-ils que, dans certains coins de Normandie libérés par des marins, des soldats et des aviateurs canadiens en 1944, des rues de communes et de villages – lieux d’origine de tant de Canadiens – portent le nom de Canadiens et des unités auxquelles ils appartenaient? Savent-ils que des hommes et des femmes ayant survécu à l’occupation allemande se souviennent de leurs libérateurs canadiens avec affection, gratitude et respect, et que les enfants qui grandissent aujourd’hui en Normandie en entendent parler?

En fait, au Canada, d’innombrables personnes ignorent tout de ces événements.

Au Mémorial, remarquable musée moderne situé en banlieue de Caen, il n’y avait en 1992 aucune présence canadienne, bien que cette ville ait été libérée par les Canadiens en 1944. Une imposante présence américaine, comptant notamment un riche jardin commémoratif en cours d’aménagement par l’American Battle of Normandy Foundation, donnait à penser que les réalisations des Canadiens tomberaient un jour dans l’oubli. Des représentants du Mémorial se sont rendus au Canada pour presser les Canadiens de participer à cette œuvre. Les gens de Caen étaient attristés de voir que les Canadiens semblaient se désintéresser des souffrances et des triomphes auxquels ils avaient pris part lors de la libération. M. Hamilton Southam, lui-même ancien combattant, décida de prendre les choses en main en créant La Fondation canadienne des champs de bataille (FCCB). Celle-ci s’attela d’abord à la tâche d’aider le Mémorial à accorder l’importance voulue au rôle du Canada dans la Deuxième Guerre mondiale, puis entreprit de rappeler aux Canadiens le rôle de leur pays dans les deux guerres mondiales, perpétuant le souvenir des Canadiens ayant participé à ces conflits et de leurs actions. Une part importante de cet effort a consisté à encourager des étudiants d’universités canadiennes à étudier la guerre et la paix, et à les appuyer.

En 1994, la ville de Caen célébra le 50e anniversaire de sa libération. Des milliers d’enfants participèrent à ces manifestations et, sous le chaud soleil de juillet, s’assirent par terre pour écouter le maire de Caen, Jean-Marie Giraud, raconter l’histoire de leur libération de l’occupation nazie, et de la renaissance de la ville après la guerre. Le major-général Roland Reid, président de la Fondation, dévoila la plaque de la FCCB à l’endroit où les Canadiens avaient pénétré dans la ville, le 9 juillet 1944. Le ministère de la Défense nationale et le ministère des Anciens Combattants avaient mis au point le programme « Le Canada se souvient », et envoyé une garde et une fanfare des Forces armées canadiennes pour participer à la cérémonie. L’année suivante, le 11 mai 1995, à l’occasion du 50e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne, le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, inaugura le Jardin canadien du Souvenir, pour lequel la Fondation (aidée par une contribution généreuse du gouvernement canadien) avait recueilli plus d’un million de dollars.

Le Jardin du souvenir marque la participation du Canada aux campagnes du nord-ouest de l’Europe au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Des cimetières de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth, de nombreux monuments d’unités et une plaque apposée à Juno Beach par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada se trouvent également dans cette partie de la Normandie. Le Jardin du souvenir de la FCCB demeure un point de départ pour les visiteurs, un lieu empreint de dignité favorisant une calme réflexion et honorant la mémoire de tous les membres des forces de la marine, de l’armée et de l’aviation qui ont pris part à la bataille de Normandie, et énumérant toutes les communes qu’ils ont courageusement libérées.

Ce n’était qu’un début. Comment faire en sorte que les Canadiens apprennent ce que leur pays a fait au nom de la paix et de la liberté au cours des deux guerres mondiales, encourager l’étude de ces sujets à l’université et perpétuer le souvenir des actions des Canadiens ? Comment pouvons-nous préserver les liens avec les pays que les Canadiens ont libérés ? Travaillant en étroite collaboration avec l’historien officiel du Quartier général de la Défense nationale, et avec le personnel du Mémorial, la Fondation a contribué à la mise sur pied d’une exposition intitulée « Le Canada au secours de l’Europe », exposition qui s’est avérée si populaire que sa durée a été prolongée d’un an. En 1994, la Fondation a aussi coédité, avec le Centre for Military, Strategic and Disarmament Studies de l’Université Wilfrid Laurier, des guides de champs de bataille rédigés par le professeur Terry Copp à l’intention des Canadiens visitant la Normandie et le nord-ouest de l’Europe. La même année, la Fondation commandait à J.L. Granatstein, éminent historien canadien, une brève histoire de la campagne de Normandie pour le ministère des Anciens Combattants, à diffuser dans les écoles secondaires. Enfin, la FCCB a lancé le programme des bourses de Normandie.

Le programme de bourses pour étudiants est le joyau du travail de la Fondation. En 1995, un premier groupe de 12 étudiantes universitaires des quatre coins du pays recevait une bourse pour aller passer trois semaines pendant l’été en Normandie et aux Pays-Bas, sous la direction d’un historien d’expérience. Foulant le sol, rencontrant les gens de la région et discutant en détail de ce qu’ils voyaient et entendaient, ils ont acquis une compréhension incomparable de ce que les Canadiens avaient fait en Normandie et dans le nord-ouest de l’Europe au cours des deux conflits mondiaux. À l’instar des étudiants qui avaient conçu le Jardin du souvenir, avant d’avoir vu les rangs de pierres tombales des cimetières de la Commission de sépultures de guerre du Commonwealth, ils n’avaient pas tout à fait saisi la terrible signification de la guerre.

Pr Terry Copp était assisté de façon très compétente par Serge Durflinger, qui travaille maintenant au Musée canadien de la guerre; ils ont été les guides de ces voyages en 1995, en 1996 et en 1998. En 1997 et en 1999, c’est le professeur Marc Milner, de l’Université du Nouveau-Brunswick, qui guidait le groupe. En 2000, le lieutenant-colonel David Patterson et Serge Durflinger ont dirigé la visite. En 2001, Pr Marc Milner a de nouveau conduit les étudiants, accompagné du lieutenant-colonel Patterson. Les étudiants assument environ le tiers des frais; ils se sont rendus non seulement en Normandie, mais aussi, à diverses occasions, en Belgique, aux Pays-Bas, en Italie et au Royaume-Uni, à Dieppe et aux sites de la Première Guerre mondiale sur le front occidental. Ils rentrent généralement profondément marqués par leur expérience, et leur capacité de partager ce savoir est un facteur clé qui influence le choix des participants à ces voyages. Cela reste essentiel pour la cause de la Fondation, car tous les participants qui sont allés en Europe rentrent au pays pour communiquer leurs expériences à d’autres et garder ainsi le souvenir vivant. La Fondation cherche à doter les Bourses de Normandie, une tâche ardue, vu le milieu actuel de collectes de fonds, et à offrir ces bourses à perpétuité.

Jusqu’à cette année, les étudiants logeaient à l’abbaye d’Ardenne, à deux pas de Caen. Cette vieille abbaye a récemment été restaurée par le conseil régional pour en faire une résidence d’étudiants. Pendant une brève période, en 1944, elle fut le quartier général de la 12e SS Panzerdivision sous les ordres du Standartenführer Kurt Meyer. Tous les ans, le 7 juin, les étudiants assistent à une émouvante cérémonie organisée par la Fondation, en collaboration avec le Mémorial, dans le paisible jardin ombragé de l’abbaye. Ils se joignent à des survivants de l’occupation allemande, à des dignitaires locaux et à des représentants du ministère de la Défense nationale et de l’ambassade du Canada à Paris, et parfois à des étudiants américains avec lesquels les Canadiens ont partagé l’abbaye. Jacques Vico, dont la famille cultive les champs adjacents à l’abbaye depuis des générations, raconte l’histoire de 20 jeunes Canadiens tués par des gardes SS dans ce jardin, les 7 et 17 juin 1944. C’est M. Vico qui, avec sa mère, a trouvé le premier témoignage de ces atrocités. D’autres victimes ont connu le même sort – 55 hommes du Royal Winnipeg Rifles ont été abattus de sang-froid, eux aussi, au château d’Audrieu, près de Bayeux, et l’on a trouvé d’autres témoignages de ce genre en Normandie; mais l’abbaye et son jardin entretenu avec amour, possèdent un charme très spécial.

La famille Vico a érigé un petit sanctuaire, où se trouve maintenant une plaque apposée il y a quelques années par des militaires canadiens qui ont visité ce site, et M. Vico raconte son histoire avec beaucoup de passion, en émouvant plus d’un jusqu’aux larmes. Le Canada n’est jamais plus étroitement lié à la Normandie qu’à ce moment, en présence de jeunes Canadiens qui pleurent les terribles pertes de vie et l’épreuve par laquelle notre pays a noué un lien éternel avec cette terre magnifique.

Bibliographie :

BLACKBURN, George. The Guns of Normandy, Toronto, McClelland & Stewart, 1995

BLACKBURN, George. The Guns of Victory, Toronto, McClelland & Stewart, 1996

CAMPBELL, Ian J. Murder at the Abbaye, Ottawa, Golden Dog Press, 1998

COPP, Terry. A Canadian’s Guide to the Battle of Normandy, Waterloo (Ont.), Wilfrid Laurier University Press, 1994

COPP, Terry. A Canadian’s Guide to the Battlefields of Northwest Europe, Waterloo (Ont.), Wilfrid Laurier University Press, 199

DOUGLAS, W.A.B. et Brereton GREENHOUS. Out of the Shadows, Canada in the Second World War, Hamilton, Dundurn Press, 1995

GRANATSTEIN, J.L. Normandy, 1944: Canada Remembers, Anciens Combattants Canada, 1994

McANDREW, William, Donald GRAVES et Michael WHITBY. Normandy 1944: The Canadian Summer, Montréal, Art Global.

MARGOLIAN, Howard. Conduct unbecoming: the story of the murder of Canadian prisoners of war in Normandy, Toronto, University of Toronto Press, 1998